MegaVideo/MegaUpload supprime massivement le contenu illégal de ses serveurs

Vous connaissez certainement ces deux services ou les avez même probablement déjà utilisé. Basée à Hong Kong, la société éditrice du site d’hébergement de fichiers MegaUpload et du site web de partage de vidéo MegaVideo semble revoir son positionnement sur le marché du streaming et du partage de fichiers en supprimant massivement depuis quelques semaines tous les liens hébergeant du contenu illégal.

Convertir puis télécharger une vidéo MegaVideo en fichier MegaUpload

Le trafic généré par ces sites en général (toutes sources de fichiers confondues) a été assez impressionnant et estimé à 21 milliards de visites par an selon une étude de MarkMonitor. Ces sites profitant notamment du déclin du P2P au profit du téléchargement direct, ont pu atteindre des millions d’utilisateurs dans le monde entier depuis 2007. Mais depuis quelques mois la suppression régulière de liens illégaux qui avait pour but de bloquer ce type de services laisse plutôt la place à de nouveaux acteurs.

L’action menée contre le direct download vient principalement des Majors de l’industrie cinématographique qui veulent reprendre le contrôle sur ce marché et proposer une offre alternative basé sur du contenu entièrement légal et probablement payant. Toutefois l’ambigüité juridique de ce genre de plateforme ne facilitera pas la tâche. En fait, l’activité même de sites comme MegaVideo ou MegaUpload n’est pas illégale tant que le contenu proposé n’est pas du contenu piraté. Mais la chasse aux vidéos ne s’avère pas si évidente, malgré les nombreuses suppressions, l’ajout de nouveaux fichiers régulièrement par les utilisateurs vient atténuer le phénomène. De plus de nouveaux sites similaires apparaissent comme VideoBB ou FileServe prenant ainsi le relais des précédents.

A se demander si finalement ce n’est pas des efforts en vain d’essayer d’arrêter ce type de services en ligne car il y en aura toujours des nouveaux créés pour les remplacer ou des méthodes pour contourner les interdictions. Il faudrait peut être aborder le problème inversement. Plutôt que d’essayer de couper court à toutes les sources de fichiers piratés pour ensuite mettre en ligne un contenu réglementé dépendant directement des productions, il faudrait que ce type de contenu légal – en vidéos de rattrapage par exemple (même payantes à prix abordable) – soit accessible aux utilisateurs dès maintenant. Ils pourront ainsi choisir d’eux mêmes et nombre d’entre eux préfèreront certainement se rendre sur un site officiel pour regarder leurs séries télévisées plutôt qu’aller en quête de liens sur des sites peu recommandés. Je ne dis pas que ça règlera définitivement le problème mais offrir une alternative légale viable est déjà un bon début pour réduire l’ampleur des dégâts.

En début d’année, on vous parlait justement de standards vidéo et des futures tendances en 2011 concernant la vidéo en ligne. La télé connectée est bien une tendance forte prévue pour cette année, mais la VOD ne semble pas encore décoller sérieusement comme une vraie alternative sur le marché, principalement à cause de librairies de VOD pas assez attractives car ne présentant pas un contenu assez large et diversifié (les principaux studios et productions n’y participant pas, l’offre reste très incomplète).