La Fin de la Fracture Numérique en France – Promesse d’Etat

Selon un rapport de l’IDATE, seuls 2% des français abonnés à Internet peuvent se vanter d’avoir accès à la fibre. En effet, malgré les initiatives gouvernementales, et une forte demande, la transition semble n’en jamais finir. Par ailleurs, les internautes seront heureux d’apprendre que, bien que louable, le Plan France Très Haut Débit s’avère pour le moins paradoxal. Quel impact pour les usagers?

De bonnes intentions

Le Plan France Très Haut débit c’est avant tout un objectif : offrir l’accès au très haut débit à tout le territoire français d’ici 2022. L’une des principales raisons d’exister de ce plan est de réduire la fracture numérique en France, permettant ainsi un accès à Internet plus équitable aux usagers français.

Ainsi, d’après le site www.gouvernement.fr, les nouvelles pratiques citoyennes telles que vote en ligne seraient facilitées. De plus, pour les entreprises et institutions développant considérablement leurs activités sur le web, une connexion plus rapide devient une nécessité.

Une forte demande

En effet, la démocratisation du travail à distance à travers la visioconférence, le recrutement de freelances en ligne, ou toute autre activité nécessitant un transfert de données conséquent, entraîne une dépendance directe au débit disponible. Grâce à l’utilisation de câbles optiques qui, contrairement au câbles de cuivre, permettent un transfert de données sur de longues distances sans altérer le débit, la fibre permet une connectivité accrue.

Chez les particuliers, 70% de la consommation de bande passante concerne le streaming audio et vidéo. Avec l’émergence de la vidéo à la demande, que ce soit à travers Netflix ou Youtube, une simple connexion ADSL ne suffit plus.

En pratique

Cependant, les coûts de raccordement à la fibre sont plus élevés en zone moyennement dense, en dehors des grandes villes. Afin de faire bonne figure, le Plan THD s’est en priorité occupé des zones plus faciles à couvrir. En conséquence, si l’objectif des 50% de foyers raccordés au réseau d’ici mi-2017 est atteint, c’est avant tout grâce aux zones plus denses.

La promesse de réduire la fracture numérique en France se trouve donc quelque peu compromise. De surcroît, les 50% restants seront plus longs à convertir, aggravant ainsi un peu plus le fossé entre les zones.

Second problème, au lieu des 20 milliards d’Euros prévus pour atteindre son objectif, le Plan THD va nécessiter un investissement total de 35 milliards, et va vraisemblablement s’étendre jusqu’en 2030. Compter sur le gouvernement n’est pas toujours une bonne idée.

Pour terminer, prenons l’exemple de SFR qui, à travers son offre low-cost RED, entend rendre la fibre accessible au plus grand nombre pour 15€ par mois. Toutefois, le réseau SFR ne propose pas que des raccordements finaux en fibre. Cela signifie qu’une majorité des connexions établies à travers cette offre comportera une partie câblée en cuivre, limitant ainsi le débit pour ses utilisateurs.

La France est donc très en retard sur ses usagers, faute de moyens et de temps. Si les particuliers peuvent faire preuve de patience, pour les professionnels en dehors des zones couvertes, c’est une contrainte non négligeable. Etant donné la quantité croissante de travail effectuée en ligne, et l’accroissement de la fracture numérique qui en découle, 2030 semble bien loin.