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Quelques pensées rapides et brutes au clair de la lune:

Sur internet on peut tout dire, aucune limites. On peut parler de soi, s’ouvrir aux autres sans s’ouvrir car il n’y a pas de réaction, pas de réponse. C’est là la magie d’internet: on parle, on s’ouvre en sachant que l’on est écouté, que des gens pensent à vous mais ne répondent pas, ne vous jugent pas où tout du moins sans que cela soit visible.

On libère ses sentiments dans le vide du web, sans échos ou retours d’un interlocuteur anonyme. Et même si l’on espère secrètement une réponse, au final on en veut pas parce qu’elle sera forcément décevante: la personne sera pour ou contre et cela on peut soi-même le prédire, les réponses ne sont pas infinies…

On retrouve cet aspect sur Twitter, on laisse un message, une envie voire un malaise et personne ne répond mais on sait que des gens (ici followers) l’ont lus et écoutent puisqu’après un refresh, de nouveaux twitts aparaissent sur la timeline publique.

Chose que l’on retrouve plus difficilement et que l’on s’autorise moins sur FaceBook car il y a pour le moment plus de vrais contacts et amis « réels » que l’on est susceptible de rencontrer dans la vie de tous les jours comparés à d’autres réseaux sociaux.

Dire que le web est un thérapeute, remplacant l´emploi d´un psychiatre muet; pourquoi pas. Beaucoup de gens se sentent plus libres derrière un écran, rien qu’à voir le nombre de blogs, sites persos sur lesquels s’entassent photos et textes personnels. Qui oserait montrer des photos de soi dans des attitudes peut glorifiantes si ce n’est compromettantes à ses amis de visu? Et qui n’éprouverait pas un léger sentiment de honte en les montrant ailleurs que sur internet? Internet libère de la peur du regard de l’autre.

Cette liberté d’ouverture de soi peut devenir jouissive, « j’avais besoin de le dire » peut-on lire, donc je mets à jour mon statut online au lieu d’appeler un ami qui nous est proche et lui en faire part. Cette tendance s’amplifie; pouvoir faire part de son « moi profond » sans se limiter et sans y réfléchir devient un plaisir.

Et quel plaisir que de se dire que des gens derrière leur clavier vous écoutent, méditent, ingurgitent vos pensées, font des parallèles avec leur propre vie et même souhaitent en savoir plus; curiosité humaine. Mais cette distance que réduit et à la fois agrandit internet les empêchent de faire comme dans la vie réelle; de vous questionner directement, en face et d’en savoir plus. Car au final vous êtes de parfaits étrangers.